EDITO

DU courage, de l’évasion et une bonne dose de motivation.

Le retour en ville, au travail, le temps de réadaptation, de retrouver ses marques. Il faut être armé d’une grande force et d’une immense motivation ! Pour les personnes qui, comme moi, ont eu un break depuis Février (les quatre jours de reprise en Mars comptent tellement peu), loin du tumulte citadin, il est particulièrement difficile de replonger dans le bain. Refaire sonner un réveil à 6h, reprendre l’habitude de regarder les heures (impératifs horaires obligent), repenser à tout un tas de choses pour que la journée se déroule sans accrocs. Ce n’est qu’au bout d’une vingtaine de jours post-confinement, que je suis parvenue à trouver un semblant de rythme, au moins dans ma vie personnelle. Car, sur le plan professionnel, il faut bien l’avouer, c’est encore un énorme foutoir auquel j’ai cessé de trouver une raison. Je suis déjà las de cette routine très particulière et épuisante psychologiquement. Le tout cumulé, fait naître de multiples insomnies. Sans parler des migraines qui, en plus d’un printemps très ensoleillé, profitent de ce chantier pour rendre les choses encore plus compliquées. Je me dis que ce n’est qu’une période « bancale », et qu’à force les choses vont rentrer, plus ou moins, dans l’ordre. J’ai l’impression de repartir de zéro. Un mal pour un bien ! J’avais vraiment peur de revenir en ville, non pas à cause du virus, mais du fait de l’absence de repères, de certaines présences vitales. Là encore, je suis parvenue à retomber sur mes pattes et à balayer la grisaille qui couvrait mon horizon. J’apprécie de pouvoir de nouveau arpenter les rues, l’appareil photo dans la main et de me « perdre » parmi les visages, l’architecture, les paysages. Je réapprends ce genre de plaisir simple en plein cœur de la jungle urbaine ! C’est ma façon d’apprivoiser la situation, à la laquelle nous sommes tous confrontés, et de m’évader pour faire voguer mon esprit sur des choses légères, simples et emplies de rêves.