Lors de mon roadtrip, visiter les gorges de Galamus a été l’une de mes toutes premières virées sur le sol Audois. Bien avant de partir, j’avais repéré ce site et ce qui en était dit m’impressionnait. Aujourd’hui, je le confirme, c’est un lieu extraordinaire ! J’espère qu’à travers cet article, vous aurez envie d’y poser les pieds.

Site naturel classé et protégé, les gorges sont situées entre Cubières-sur-Cinoble (à 2 kilomètres) et Saint-Paul-de-Fenouillet (à 5 kilomètres). C’est une très jolie promenade à effectuer sur une demie journée. Vous longerez l’Agly sur un peu plus d’un kilomètre (petit fleuve), le long de parois calcaires qui s’enfoncent sur plus de 500 mètres de profondeur. Randonneurs veinards que vous êtes, mesurez la chance que vous aurez de pouvoir poser les pieds sur la route qui relie les deux communes citées plus haut. Jusqu’en 1892, elle n’existait pas ! Ce sont des ouvriers qui ont ouvert le passage en taillant les pans rocheux à coup de barre à mine. Léonce Rives a d’ailleurs dédié un quatrain en occitan à cette occasion (photo au bas de l’article).

Dans le paragraphe précédent, lorsque j’écrivais « site classé et protégé », ce n’était pas pour faire joli, à la mode guide touristique. Les gorges, de par leur configuration atypique, offrent un patrimoine géologique et floral exceptionnel, de même qu’une faune variée. Tout cet ensemble doit être traité avec bienveillance pour ne pas disparaître. À ce titre, respectez ce qui vous entoure : ne dérangez pas les animaux (observez-les discrètement), ne cueillez pas la végétation (certaines espèces sont endémiques). Si vous pique-niquez, utilisez les poubelles des parkings, ou à défaut, gardez vos déchets et débarrassez-vous-en plus tard, dans les endroits appropriés. En bref, n’endossez pas le rôle des touristes de bases qui débarquent avec leurs gros sabots, s’imaginant que tout leur appartient. C’est en ayant des comportements de ce type que beaucoup de sites sont dégradés et finissent par ne plus être accessibles. Je n’ai rien contre le tourisme au contraire, mais à mes yeux, celui-ci doit être éco-responsable.

Un lieu propice aux activités de plein air

Au sein des gorges vous pouvez pratiquer le canyoning sur la période allant d’Avril à Octobre, sur les plages horaires de 7h à 17h (consultez les arrêtés préfectoraux pour des dates et horaires précis). La question de la baignade est vite réglée : elle n’est pas autorisée (arrêté du 2 Septembre 1992), puisqu’il n’y a aucun aménagement prévu pour cette activité, ni de surveillance. Néanmoins, elle s’effectue aux risques et périls de chacun. On ne va pas se le cacher, lorsque la météo a décidé que la température dépasserait les trente-cinq degrés, tout le monde va piquer une tête dans l’Agly. Et pour ne pas dépareiller, j’en ai bien profité ! L’eau y était si bonne, si rafraîchissante ! A côté Bora Bora, c’est quoi ? Une flaque d’eau après l’orage ? Sans rire, le cadre est véritablement à couper le souffle. L’eau bleutée, les petites cascades, le ciel bleu, l’immensité des pans rocheux encadrant l’ensemble. Cela fait presque carte postale, et pourtant, c’est loin d’être une utopie. L’escalade, quant à elle, est interdite au vu de la nature friable des roches. Les voies implantées sont réservées aux secours. Cependant, n’hésitez pas à vous renseigner auprès de spécialistes qui connaissent les lieux. Il est probable que des professionnels aient l’autorisation d’utiliser les susdites voies et d’encadrer des groupes.

L’ermitage Saint-Antoine de Galamus

Il s’agit d’un édifice religieux datant du XIIème siècle. Sa particularité est qu’il a été directement taillé dans la paroi rocheuse, surplombant les gorges de plusieurs mètres. Si à la base le lieu ne se réduisait qu’à une seule grotte, en 1782, il fût agrandi avec une chapelle. L’accès au site se fait uniquement par voie piétonne, via un chemin ombragé et très agréable à emprunter. Attention, veillez à porter des chaussures adéquates. Le site est ouvert d’Avril à Octobre, de 10h à 18h. Ah, oui, puis petit détail non négligeable : vous êtes priés de visiter l’ermitage dans une tenue correcte (ceci est explicité à l’entrée). Donc exit maillots de bains, combinaisons de canyoning, torses nus, etc. C’est quand même une enceinte religieuse ! Pour dire si certains n’ont pas la notion du terme « respect », lors de ma visite, des gens y étaient venus à moitié à poil. Enfin, bref, refermons la parenthèse et revenons à notre ermitage. J’ai trouvé cet endroit absolument fabuleux ! Rien que par son originalité, c’est une halte immanquable et, presque à la limite de l’obligation, lorsque l’on est de passage dans les gorges. La configuration du lieu m’a tellement plu, que dans mes rêves les plus fous, je me suis imaginée pouvoir habiter dans une telle bâtisse. La visite, gratuite, ne prend pas énormément de temps mais elle a le mérite d’être reposante. Malheureusement, l’ermitage n’est pas accessible aux personnes à mobilité réduite (fauteuils roulants exclusivement). C’est LE point négatif que je reproche, mais je comprends tout à fait que l’aménagement puisse être très compliqué à réaliser.

Il y a bien longtemps que je ne vous avais pas fait part de quelques anecdotes. Je n’en fais pas exprès, mais il faut croire que je les attire. Il n’y en a que deux, mais elles valent leur pesant d’or.

———-Il faut ouvrir les yeux ! Ayant quitté l’ermitage, je remontais sur le grand parking. Le temps de faire quelques photos, mes oreilles ont encore une fois capté l’insensé. Un couple se prenait à moitié le chou pour je ne sais quelle connerie quand la nana vit le dit ermitage. « Waah putain t’as vu la baraque là-bas ? Tu crois que c’est un truc qui se visite ? Les gens qui habitent là, voilà le truc de dingue. Mais c’est peut-être à visiter ». Après tout, ce n’est pas comme si de grandes pancartes inratables présentaient le lieu.

———-Euuh, silence s’il vous plaît ? En général, lorsque vous allez dans un lieu de culte, si vous avez envie de parler, vous le faites mais de façon discrète. C’est la moindre des choses. Du moins, c’est ainsi que je conçois le fait d’être une personne civilisée. Là encore, il faut de tout pour faire un monde…et cette partie du monde, justement, me désespère. En entrant dans la chapelle, je découvrais un espace magnifique, et tellement reposant. Je profitais qu’il n’y ait personne pour méditer quelques minutes. Forcément, c’était trop beau et cette quiétude fût rapidement brisée… Une famille de touristes étrangers est arrivée (vous savez, avec les fameux gros sabots, à la manière « c’est nous que v’la ») sans une once de discrétion. A mon grand désarroi, comme dans toute chapelle, la résonance a permis à ces « personnes » (attendez, je m’auto-censure pour rester courtoise) de se mettre à brailler tels des animaux en furie. Que de jeunes enfants fassent ça, je peux comprendre…mais des adultes…cela me désole complètement.

La réglementation quant à la traversée des gorges

La circulation alternée : Depuis 2003, dans un souci de préservation du site et de sécurité pour les visiteurs, une réglementation est mise en place du 5 Juillet au 31 Août. Ainsi, de 13h à 19h, une circulation alternée permet de fluidifier les passages. Donc inutile de jouer aux touristes pressés : si le feu est rouge, arrêtez-vous tout simplement et coupez votre moteur (l’environnement vous en remerciera).

L’arrêt en véhicule est strictement interdit au sein même des gorges. Si vous souhaitez découvrir ces dernières, venez vous stationner sur les parkings situés de part et d’autre du site. Une petite marche sur moins de deux kilomètres n’use pas les semelles, mais enrichie votre mémoire d’un moment magique ! Et pour les moins courageux qui trouveraient que faire l’aller-retour est bien trop fatigant, faites appel aux Diablines. Ces navettes électriques (écologiques et silencieuses) sont à votre disposition, tout le temps de la circulation alternée, et ce pour un tarif très modeste (cela permet d’aider à financer l’emploi des agents conduisant ces véhicules).

La traversée des gorges est interdite aux bus, camping-cars, caravanes…En bref, à tout véhicule de 5 tonnes (et plus) faisant plus de 2,70 en hauteur et 2m en largeur. La route est trop étroite et le plafond très bas. Une fois engagé sur la D10, faire demi-tour s’avèrerait être une manœuvre périlleuse, donc assurez-vous de bien connaître de gabarit de votre moyen de locomotion.

Autres interdictions : ne faites pas de feu (la logique parle d’elle-même), ne jetez pas de pierres dans le canyon (il peut y avoir des gens en dessous), ne sortez pas des sentiers balisés afin de respecter faune, flore et tout ce petit monde. Puis comme je l’ai déjà écrit plus haut : n’abandonnez surtout pas vos déchets partout sur le site.

« Dins aquel roc pelat que trauco la sabino – « Dans ce roc pelé que troue la sabine

Oun l’aglo dins soun bol gausabo soul beni – Où l’aigle dans son vol osait seul venir

Penjat per un courdel ambe la barromino – Pendu par une corde avec la barre à mine

L’home coumo l’ausel a troubat un cami » – L’homme comme l’oiseau a trouvé un chemin »


Préparez votre séjour : http://www.gorgesdegalamus.fr

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