Cet été, je me devais de partir. Je savais que je serais sur les routes plusieurs semaines. L’inconnue de l’équation c’était le lieu. Où fuir le quotidien ? Où renaître de mes cendres ? J’ai longtemps songé à Copenhague pour sa philosophie, puis il y a eu Vérone pour l’histoire de mes racines familiales. Finalement je restais très indécise, trop, je dirais. C’est en parcourant le site www.airbnb.fr que le hasard s’est chargé de trouver la destination de mon périple. A travers cet article je vous invite à revivre ma toute première expérience de logement « chez l’habitant ».

———-Airbnb, c’est quoi ? Il faut quand même que je vous présente rapidement la bestiole ! C’est une plateforme communautaire, fondée en 2008, où les utilisateurs proposent de louer des logements en tout genre et d’en faire profiter un large panel de voyageurs. Cabane dans les bois, appartement en bord de mer ou manoir dans les fins fonds des Carpates…vous y trouverez forcément votre bonheur.

Alors voilà, entre Mai et Juin, je me suis lancée dans la folle aventure Airbnb : cela faisait depuis des mois et des mois, que je voulais tester cette manière de voyager à moindre coût. Je ne sais pas pour vous, mais tout ce qui s’apparente aux hôtels, au tourisme de masse : cela me révulse ! Si je sors de mon train-train routinier, ce n’est certainement pas pour claquer 90% du budget « vacances » dans un pied-à-terre et ne pas pouvoir profiter aisément du reste. Du coup, je ne suis jamais la dernière à refuser les bons plans qui peuvent permettre de passer des séjours inoubliables…sans se ruiner. Comme je l’écrivais plus haut, le hasard est entré en scène au bon moment. Alors que je cherchais (sans grande conviction) un lieu dépaysant dans le Sud-Ouest de la France, je suis tombée sur une annonce poussant ma curiosité à en savoir davantage : « Charmante roulotte nature ». « Un habitat simple pour retrouver une vie loin de la civilisation et du stress » (oh la la toi, ma jolie, tu as tout pour plaire !). Inutile de vous préciser que la simple lecture de cette phrase à fait pencher la balance du côté du « Vas-y réserve ! ». J’ai quand même continué d’explorer le site, imaginant que je pourrais peut-être trouver tout aussi bien et (soyons fous) à un tarif défiant encore plus la concurrence. Le coup de cœur ayant été pour la roulotte, tout le reste me paraissait fade, trop cher, pas assez original, trop touristique…bref : c’était ce logement ou rien du tout ! En écrivant ces lignes, je ne cesse de me dire : « qu’est-ce-que le hasard fait bien les choses ! Comme j’ai eu bien fait de réserver ! ». Voici donc la question du lieu réglée : Sud-Ouest, Midi-Pyrénées, Aude, Cubières-sur-Cinoble, roulotte, montagne, nature. Alors elle vient cette réservation ? « Jour d’arrivée », « départ », « nombre de voyageurs ». Si pour certains cela relève du casse-tête, là, je dois dire que je suis allée au plus simple. Dix-sept nuits en roulotte, au mois de Juillet, en solo ! C’est d’ailleurs de là qu’une idée de roadtrip a vu le jour. Le dernier clic sur le gros lien « réserver » (on ne peut pas le louper lui) après une énième vérification. À partir de là, il n’y avait plus qu’à attendre la confirmation, ou le refus, des hôtes. Il n’aura fallu que quelques heures pour avoir LA réponse. Oui, non, non oui, oui, non ? Alors ? « Hiro Andreas a accepté ta réservation ». Hein ? Quoi ? Je l’avoue, mon temps de réaction est parfois un peu lent. Donc c’est sûr, cette fois, c’est bon : JE PARS !

Évidemment, mes proches se sont posés beaucoup de questions : où est-ce-que je pars ? Combien de temps ? Est-ce-que le lieu est sécurisé ? Qui sont les hôtes ? Y aura-t-il d’autres voyageurs ? Le village est-il grand ? C’est plutôt drôle mais toutes ces interrogations m’ont permis de vachement me renseigner à propos de mon pied-à-terre et de son environnement. Ainsi, pendant presque tout un mois, j’ai logé dans un véritable havre de paix. « Les Baillessats », c’est le nom exact du lieu-dit où se situe le centre de ressourcement nature, propriété de Hiro et de Andreas (mes hôtes). C’est là, également, que se trouvent les hébergements insolites, dont la roulotte que j’ai occupée. Le petit hameau fait partie de la commune de Cubières-sur-Cinoble. Il y a très peu d’habitants, mais c’est plutôt passager grâce aux différents points touristiques qui bordent le village. Pour moi, c’est l’endroit idéal pour faire une retraire dans le calme et la sérénité.

8 Juillet : jour du départ. J’avais prévu d’arriver à Cubières-sur-Cinoble vers 17h, en parcourant la route tranquillement. Un peu plus de 500 kilomètres et huit heures plus tard (j’ai bien profité du paysage !), le panneau du village se tenait enfin devant moi, tout d’acier revêtu.

« Alors…Les Baillessats…Ah ! C’est là, à gauche. Encore quatre kilomètres et je serai définitivement là où je dois être ». Vous n’imaginez même pas avec quelle hâte j’ai parcouru cette petite route, toute sinueuse et très grimpante. Non seulement, j’avais terriblement envie de me poser, de laisser Wonder Titine se refroidir. Mais ce que je voulais par-dessus tout, c’était faire la connaissance de mes hôtes et découvrir la roulotte. « Dans le village, quand vous voyez sur votre droite une boite à lettres avec une tête de cheval, descendez à droite par le chemin de terre ». En voyant cette fameuse tête de cheval, je me suis dit : « ça y est, le moteur de la voiture va pouvoir cesser de ronronner ».

Mon arrivée & la découverte des lieux

Encore une fois, je ne peux que dire merci à Airbnb d’exister…sans quoi je n’aurais pas trouvé ce coin de paradis. Cela s’est confirmé dès mon arrivée. Chose normale, j’avançais me présenter à Andreas et sans demander quoi que ce soit, je fus accueillie avec le thé (moi qui ne bois plus de café, j’étais ravie). Normalement c’est Hiro (l’amie d’Andreas) qui devait me recevoir mais elle était partie soigner les chevaux. Puis comme elle est habituée au fait que les gens arrivent en général avec un bon retard, elle préférait ne pas se presser. Du coup j’en ai profité pour discuter avec Andreas et Dominique, un voisin du village. J’aime beaucoup leur philosophie de vie : ne pas se stresser inutilement, voire pas du tout, et profiter du temps pour chaque chose. Tout ce qui manque à mon quotidien lorsque je suis en ville, bien que je tende de plus en plus vers une vie moins débordante.

Lorsque Hiro est arrivée, nous sommes allées voir la roulotte, décharger quelques affaires puis nous avons fait le tour de la propriété. Je vais vous laisser imaginer là où je me trouvais. Fermez les yeux et visualisez un terrain assez grand, en pente, bordé de bois (genre plein plein plein) et de champs tout autour. Il n’y a que de la végétation partout. Les arbres, les fleurs y sont à leur aise ! La roulotte dans laquelle je logeais se situe tout en bas du susdit terrain, à proximité du champ des chevaux. Hiro et Andreas, eux, vivent à l’exact opposé, dans une ravissante maisonnette. Et entre les deux, il y a d’autres habitats insolites (caravane, cabane en bois), ainsi que les commodités (WC et douche). Je crois que là vous venez de tilter sur un truc qui ne vous semble pas très clair. Je vais en parler dans quelques instants. Pour revenir à nos moutons, vous voyez, j’étais au paradis ! Montagne, faune et flore en effervescence, calme : tout ce dont j’avais réellement besoin au moment de mon départ. Effectivement, c’est l’endroit où j’ai pu mettre mon quotidien de côté et penser uniquement à l’instant T.

Pour revenir à ce que je disais tout à l’heure quant aux commodités : je tiens à vous en parler un peu plus en détails (même si pour moi il s’agit d’une évidence sans pareil) car pour une grande majorité de personnes c’est une véritable découverte…et pour d’autres c’est peut-être même LE choc de leur vie. Effectivement, quasiment tous les habitats n’ont pas de « salle d’eau » à l’intérieur. Du coup, comme dans un camping, les WC et la douche sont des parties communes. Mais en CARRÉMENT-VACHEMENT-BIEN-MIEUX ! L’un et l’autre sont installés de part et d’autre du terrain, dans des cabanes, dans les bois. Oups, Marie-Chantal de Machin du Truc a fait un malaise (je savais que j’allais en perdre au passage). Je vous rassure, ce concept est tout simplement génial ! Personne ne chie sauvagement dans les bois ou ne va se doucher à la vue de tout le monde. L’intimité est évidemment respectée. Cependant on reste quand même en contact avec l’environnement (genre tu vas faire pipi la nuit, tu entends les sangliers qui marchent pas loin, ou tu prends ta douche et il y a une araignée qui te matte à poil).

  • Il s’agit, d’une part, de toilettes sèches. Ce sont des toilettes sans eau (elle est remplacée par des copeaux de sciure généralement) où il est possible de récupérer les excréments pour en faire du compost (si si, je vous assure que ça donne un super terreau pour le jardin !) ou une ressource de gaz (production d’électricité / chauffage). L’intérêt des toilettes sèches, outre l’énorme économie d’eau (3L à 12L d’eau par utilisation), est de permettre un meilleur traitement des selles (et bactéries) en réduisant la charge des stations d’épuration. Une question qui revient fréquemment, c’est celle de l’odeur. En toute honnêteté, je n’ai jamais connu de toilettes sèches qui puent la mort à des kilomètres à la ronde. L’entretien est évidemment primordial pour éviter tout désagrément olfactif, mais ce n’est pas une corvée, loin de là. Et si cela peut vous rassurer, l’ensemble sciure/excréments/pipi sent bien meilleur que certains WC chimiques (allez mettre votre nez dans les WC publics vous m’en direz des nouvelles !). Lorsque vous voyagez, c’est LE type de toilettes à adopter car il vous suivra partout sans vous encombrer. SOURCE : Wikipédia. Vous voulez une petite anecdote ? Figurez-vous que les toilettes sèches ont soulevé des réactions assez inattendues. En l’occurrence, une femme ne voulait pas utiliser le petit coin sous prétexte que d’autres gens en bénéficiaient également. Mais alors, comment fait-elle au quotidien ? Elle a des WC privés partout où elle va ?

  • Et d’autre part, d’une douche chauffée au gaz et une autre qui est solaire. Je ne reviens pas sur la douche chauffée au gaz, le principe coule de source. L’alternative intéressante ici, c’est la douche solaire. Il s’agit d’une installation très simple qui pourra ravir de nombreux nomades en herbe : une réserve d’eau (installée en hauteur c’est plus pratique) à mettre chauffer au soleil, celle-ci raccordée à un tuyau et une pomme de douche avec système de pulvérisation. Vous voyez, l’utilisation n’est pas si compliquée ! C’est un système que vous pouvez emporter partout avec vous car il ne prend pas de place. Le seul inconvénient c’est lorsque le temps ne permet pas à l’eau d’être à une température convenable.

Pour ma part, ce sont des installations que je connais déjà très bien et que j’utilise. Je n’ai donc pas été dépaysée de ce côté-là. Mais c’est juste pour vous dire, qu’il n’y a pas besoin d’un luxe de milliardaire pour avoir tout le confort nécessaire. Je ne vais pas faire tout un laïus concernant ces alternatives, mais juste vous inciter à les découvrir (et les essayer, voire les adopter) si vous ne les connaissez pas. A l’heure où notre bonne vieille Terre épuise ses réserves de jour en jour, il n’est pas négligeable de penser à toutes ces petites astuces, non seulement écologiques, mais surtout économiques !

Aaah ! La nature !

A plusieurs reprises, je vous ai évoqué un environnement très arboré, très fleuri. Mais vous ai-je mentionné la faune ? Moi, campagnarde de naissance, je savais à quoi m’attendre en me rendant dans un endroit où la flore peut abriter toutes sortes de bêbêtes. Or, il y a des personnes qui ne savent pas vraiment ce que les sous-bois peuvent cacher…Donc, je vais être sympa : si jamais vous voulez louer l’un des habitats insolites, je vais vous dire à quelle sauce vous serez mangés. Lorsque j’ai posé les pieds dans la roulotte, Hiro m’a expliqué son fonctionnement et montré son équipement. Puis une conversation en amenant une autre, vient alors le sujet des animaux et insectes. Elle m’a prévenu que si jamais, dans la nuit, j’entendais gratter à côté de la roulotte, il ne fallait pas que je prenne peur. la région étant envahie de sangliers, certains venaient se promener autour du terrain. Effectivement, à plusieurs reprises j’ai entendu des « groink groink groink » de cochon. La peur ? Quelle peur ? J’étais morte de rire à chaque fois que je les entendais. J’aime eu la surprise d’en voir avec leurs marcassins. Ça va, c’est pas la compagnie la plus horrible qui soit. Là où j’ai vraiment dû prendre sur moi, c’est lorsque les araignées rentraient dans la roulotte et venaient me faire coucou juste au moment où je partais me coucher. Les petits octopodes, je les gère sans problème…mais les gros machins marrons / noirs tous velus…euuuuuuh…là je panique grave, parce que je suis une sacrée arachnophobe. Malgré tout, j’ai combattu ma phobie et j’ai survécu sans problème (les araignées un peu moins). Rassurez-vous, il y a aussi des papillons franchement magnifiques qui donnent au terrain une touche de féérie. Puis il y a Lilou la minette de Hiro puis les chevaux d’Andreas.

ANECDOTE : des vacanciers ont mis rapidement un terme à leur séjour, juste parce que des araignées venaient dans leur logement ! Vous vous imaginez louer plusieurs jours et tout quitter comme ça, simplement parce que Spider Man veut de la compagnie ? Personnellement, cela me laisse sur le cul.

Si je devais résumer mon séjour en un seul mot : BONHEUR. Voilà ce qui qualifie vraiment le mois que j’ai passé chez Hiro et Andreas. J’avais l’impression d’être en vacances dans la maison d’un oncle et d’une tante. Leur bienveillance, leur gentillesse et toutes les petites attentions de leur part m’ont beaucoup touché. Non seulement j’ai eu des hôtes d’exception, mais j’ai eu l’immense plaisir de vivre dans un cadre idyllique. Je n’ai vraiment pas besoin de palmiers, de sable blanc ni d’eau turquoise pour trouver un lieu somptueux et digne d’intérêt. Rien qu’à Cubières-sur-Cinoble, le fait de pouvoir observer le soleil se coucher sur le Pic de Bugarach, cela valait tous les Bora-Bora du monde entier. Ce mode de vie alternatif, mêlé au cadre naturel d’exception, m’aura permis un véritable ressourcement ainsi qu’un enrichissement personnel. Pour moi, il ne s’agissait pas seulement d’avoir un endroit où dormir mais d’être en parfaite harmonie avec l’environnement (la raison aussi pour laquelle je galérais pour trouver the place to be). Je ne tire que du positif de cette première expérience vécue grâce à Airbnb. Si je devais la réitérer, que ce soit au même endroit ou ailleurs, il est évident que ce serait OUI d’office.


Les habitats insolites sur AirbnbSite du centre de ressourcement

Petit avertissement : si vous recherchez à vous ressourcer aux Baillessats, je vous invite à y passer, au minimum trois nuits. C’est le temps nécessaire pour commencer à ressentir les effets de la « zenattitude ».

La parole est à vous

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