Tu vois les ours au réveil ? Aujourd’hui je suis comme tel ! Me lever le matin pour voir, une fois de plus, la misère et la connerie du monde s’étaler jusque sur le perron de ma maison : c’est une idée qui me répugne au plus haut point. Encore plus lorsqu’elle se confond dans la réalité.

J’ouvre les premières pages de ce fichu journal, plein de « bonnes nouvelles », et j’expire déjà bruyamment. Je ne sais plus si je dois être blasée, attristée, en colère ou autre, je ne sais plus. Cependant, toutes ces informations ont le don de me faire hérisser le poil. La guerre, les meurtres, les tentatives de vols à main armée, les révolutions étouffées, la dictature… Que de réjouissances encore aujourd’hui.

Je sors mon nez de ces immondices et jette un œil par la fenêtre. De la pluie en continu, un ciel chargé de nuages noirâtres : le jour va mettre une éternité avant de se lever, du moins si des éclaircies daignent venir briser cette grisaille. Vraiment, je ne sais pas si c’est une bonne chose que je sorte de ma tanière. J’hésite. Une douche froide pourrait peut-être m’aider à émerger complètement. Les jets d’eau auront certainement pour effet de détendre quelque peu mon esprit.

Mais avant, je termine mon café légèrement refroidi puis j’allume une clope. La première depuis trois mois, c’est dire si je déraille aujourd’hui. Je plonge à nouveau mon regard à travers la vitre de mon petit salon. Cette satanée averse continue d’inonder la ville, sans se lasser. J’espère que cela ne va pas trop durer, j’aimerais mettre le nez dehors ce soir.

Ce soir ? C’est le 14 Juillet, la Fête Nationale. Dites bonjour aux feux d’artifices qui explosent dans les cieux « PAF ! PAF ! », aux exclamations de spectateurs enjoués « Oh, la belle bleue ! », aux pleurs d’enfants apeurés « M’man…trop de bruit, j’ai peur… ». Les aspects plutôt sympas de cette sérénade annuelle. Comme toujours, je ne pourrai m’empêcher de me prendre au jeu : sourire comme une gosse en voyant ce ballet de lumière et applaudir à la fin du spectacle. Mes amis, pour me charrier, me traiteront de grand enfant. Je ferai semblant de les bouder, mais nous finirons par exploser de rire.

Puis la soirée s’étiolera, les heures devenant tardives. L’ambiance deviendra comme celle dépeinte dans le journal de ce matin : nettement moins agréable. Alors que les bonnes gens s’en retournent dans leurs logis, des personnages moins sympathiques viennent occuper les rues. Trop alcoolisés pour certains, trop de drogue pour d’autres…voire les deux en même temps. Il serait temps que je retrouve mon nid douillet car, je sais pertinemment qu’ils vont venir me briser les rouleaux. Je risque fortement de perdre le sens commun.

Ceux qui veillent à ce que je ne parte pas en vrille vont encore me dire : « détends-toi, tiens tire une latte et rentre à l’abri ». Ces conseils avisés sont arrivés peut-être tardivement. Il ne fallait pas chercher à mettre ma quiétude en branle. « Désolé les gars, j’ai dérapé, une fois de plus. Demain je me prends des séances de relaxation. Bon ben bonne nuit, on se capte plus tard. Attention à vos culs, les gens sont électriques ce soir ». Ce n’est pas ma faute, je l’avais dit : depuis ce matin tout va de travers. J’ai arrêté de stigmatiser ma mauvaise humeur. Finalement, c’est peut-être un état d’esprit général.

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